This letter exchange between Apurva, an Indian law student studying in Belgium, and Josué, an engineering student from the Democratic Republic of Congo, examines SDG 13 through the lenses of climate justice, resource extraction, and global inequality. Reflecting on mining, adaptation, and the human dimensions of climate change, they explore how a just ecological transition requires fairness, shared responsibility, and dialogue across different lived realities.
LETTER 1
APURVA TAYAL
Dear Josué
I hope you’re doing well! I’m really glad we’ve been paired for this letter exchange. When I saw that we’re both working on SDG 13 i.e. climate action, I felt it’s one of those topics where conversations like this actually matter, because it connects so many bigger issues: development, inequality, and even human rights.
A bit about me first- I’m originally from India and pursuing law. Currently I am in Belgium for about three months for a student exchange program. Experiencing both places, even in this short time, has really changed how I see climate change.
In India, climate change feels very real and immediate. It’s not something people debate about in abstract terms- it shows up in everyday life. Summers have become harsher, heatwaves can be dangerous, and the monsoon, which so many people depend on, is becoming more unpredictable. When rains come too heavily, there’s flooding; when they don’t, there’s drought. And for a lot of people- especially farmers or daily wage workers- this isn’t just “weather,” it directly affects income, food, and survival.
That’s where I started seeing climate change as a human rights issue. Things like access to water, food, shelter, and even health, these are basic rights, but climate change is slowly making them more fragile. And the hardest part is that the people most affected are often the ones who have contributed the least to the problem.
Now that I’m in Belgium, I notice a very different reality. There’s definitely awareness, people talk about sustainability, there’s good public transport, cycling is common, and there are policies aimed at reducing emissions. But the urgency feels different. Climate change here is something people want to prevent and manage, not something that’s already disrupting survival on a daily basis for most people.
And I don’t mean that as criticism, it just shows how unequal the impacts are. In a way, being here has made me understand the global North vs. global South debate much more clearly. Countries in the global North have historically contributed more to emissions, while countries in the global South are often more exposed to the consequences. So when we talk about climate action, it’s not just about “reducing emissions”, it’s also about fairness, responsibility, and justice.
In our class recently we also discussed the Democratic Republic of Congo, especially in terms of mining. It really stayed with me. The DRC is so rich in natural resources like cobalt, which is essential for batteries, electric cars, and the whole transition to green energy. It’s exciting to think that the world’s move toward a “cleaner” future depends so much on resources from places like your country. But at the same time, it raises uncomfortable questions. If these resources are so
valuable globally, why don’t local communities always benefit from them? And what are the environmental and human costs of extracting them? From what we studied, mining can sometimes lead to land degradation, pollution, and difficult working conditions. When I think about that in terms of human rights, it feels like another layer of inequality. On one side, there’s the global push for sustainability and green technology, and on the other, there are communities who may be dealing with environmental damage or unsafe conditions as a result of that same push.
It almost feels like a contradiction, climate solutions in one part of the world can create challenges in another. That’s why I feel climate action and human rights are so closely connected. It’s not enough to just reduce emissions; we also have to ask: who is being affected, who is benefiting, and who is being left behind?
On a personal level, moving between India and Belgium has made me think a lot about responsibility. In India, sustainability is often a necessity, people reuse things, waste less, and live with fewer resources. In Belgium, sustainability feels more like a conscious choice, supported by infrastructure and policy. Both are important, but they come from very different realities.
I’d really love to hear your perspective on all of this. How does climate change show up in your daily life or in your community? Do people talk about it in terms of rights and justice, or more in terms of immediate local challenges?
And about mining- since you’re in the DRC, I’m especially curious about how it’s viewed locally. Do people see it as an opportunity for development, or more as something that brings challenges? Are there discussions about making it fairer or more sustainable?
Also, what does climate action mean to you personally? Is it something you feel connected to on a global level, or more through what you see happening around you?
I feel like there’s a lot we can learn from each other’s perspectives. Being in between two worlds right now has made me realize that climate change isn’t just an environmental issue, it’s really about people, dignity, and the kind of future we’re building.
Looking forward to hearing from you.
Warm Regards Apurva
Your Global Pen Friend
LETTER 2
JOSUE MUSHAGALUSA CIMALAMUNGO
Cher Apurva
Ta lettre est arrivée comme on reçoit une pluie fine après une longue saison sèche : sans bruit, mais elle pénètre tout. J’ai laissé passer quelques jours avant d’y répondre. Non par hésitation, mais par respect. Il y a des mots qu’on ne veut pas brusquer, qu’on laisse d’abord s’installer en soi. Les tiens font partie de ceux-là.
Ce que tu as dit sur la différence dans la façon dont on vit le changement climatique m’a aussi beaucoup marqué. Ici, ce n’est pas quelque chose qu’on débat souvent en termes formels. Cela se manifeste discrètement dans la vie de tous les jours dans l’imprévisibilité des saisons, dans la manière dont la terre réagit différemment d’avant, dans les inquiétudes que les gens portent même quand ils ne les expriment pas à voix haute. La vie continue, mais il y a toujours cette tension subtile en dessous, comme si quelque chose avait changé et ne pouvait plus vraiment revenir à ce que c’était.
Tu as parlé de force silencieuse, et je pense que cela décrit beaucoup de gens ici. Mais parfois je me demande si ce qu’on appelle « force » n’est pas aussi une forme de nécessité. Les gens s’adaptent parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Et avec le temps, cette adaptation devient si normale que même la souffrance peut devenir invisible pas seulement aux yeux du monde, mais parfois à nos propres yeux.
Ta réflexion sur l’exploitation minière et la répartition des richesses a touché quelque chose de très personnel en moi. Grandir dans un pays aussi riche que le mien, tout en voyant à quel point cette richesse transforme peu la vie quotidienne, crée une sorte de contradiction difficile à ignorer. Le sol sous nos pieds renferme tant de valeur, et pourtant beaucoup de communautés autour de ces ressources continuent de lutter pour les besoins de base. Cela soulève des questions qui ne sont pas seulement techniques, mais profondément humaines : Qui en profite ? Qui décide ? Et à quel prix
?
En tant qu’étudiant en métallurgie, j’ai parfois l’impression d’être à un carrefour. D’un côté, il y a la connaissance scientifique et technique — comprendre les matériaux, les procédés, les systèmes. De l’autre, il y a la réalité de la façon dont ces matériaux sont extraits, échangés et utilisés dans un monde qui n’est pas toujours juste. Je ne veux pas faire partie d’un système qui se contente de reproduire les mêmes schémas. Je veux le comprendre assez profondément pour le remettre en question, et, je l’espère, pour en changer ne serait-ce qu’une petite partie.
Tu m’as demandé si je me vois jouer un rôle direct dans la transformation de la manière dont les ressources sont utilisées et valorisées dans mon pays. Je pense que oui… même si je ne sais pas encore exactement quelle forme prendra ce rôle. Ce que je sais, c’est que je ne veux pas rester un simple observateur distant. Que ce soit à travers l’industrie, la recherche ou l’engagement communautaire, je veux que mon travail ait un lien concret avec la vie des gens. Pas seulement extraire de la valeur du sol, mais créer une valeur qui reste auprès des populations.
Au-delà d’être ingénieur, je crois que je veux être quelqu’un qui crée des ponts — entre le savoir et la réalité, entre les grandes discussions mondiales et les expériences locales. Parce que parfois, ce qui manque, ce n’est pas la prise de conscience, mais le lien.
Tes réflexions sur une transition écologique juste m’ont paru très vraies. L’idée d’un « extractivisme vert », c’est quelque chose auquel j’ai aussi pensé, même si je n’avais pas les mots exacts avant. Il y a quelque chose de troublant à l’idée que le monde devienne « plus vert » tout en laissant les mêmes inégalités persister, simplement sous un autre nom. Ce serait résoudre un problème tout en en perpétuant un autre, discrètement.
Mais comme toi, je ne pense pas que cette issue soit figée. Je crois que cela dépend des choix qui se font maintenant par les gouvernements, par les industries, mais aussi par des individus prêts à questionner et à imaginer autrement. Peut-être que le changement ne vient pas toujours de grandes actions visibles. Peut-être qu’il grandit aussi dans des espaces plus petits, dans des conversations, dans des idées qui trouvent lentement leur chemin vers la réalité.
Ce qui me donne de l’espoir, c’est aussi cet échange. Le fait que nous puissions parler ouvertement, depuis des endroits différents du monde, et pourtant nous comprendre à ce niveau. Cela me rappelle que malgré la distance, il y a une préoccupation commune, une responsabilité partagée, et peut-être même un avenir commun.
Tu as dit que les questions peuvent discrètement remodeler l’avenir. J’y ai beaucoup réfléchi. Peut-être que notre rôle, pour l’instant, n’est pas d’avoir toutes les réponses, mais de continuer à poser les bonnes questions et de faire en sorte qu’elles ne soient pas ignorées.
Prends soin de toi, et j’attends ta prochaine lettre avec impatience.
LETTER 3
APURVA TAYAL
Dear Josué
Thank you for your letter. I read your letter slowly, more than once. Not because it was difficult to understand, but because I didn’t want to rush through something that carried so much honesty. You’re right… some words aren’t just read, they’re felt. The way you described how people experience climate change around you stayed with me. It made me realize, once again, how different the experience of the same global issue can be depending on where you stand. Here, we often speak of climate change in terms of targets, agreements, or future risks. But what you described isn’t the future…it’s already happening, and it’s personal.
What touched me most was what you said about people quietly adapting…living with uncertainty, without always expressing it. That kind of silent strength is powerful, but it also shows how unfair the situation is. No one should have to just endure these changes without support or recognition. Because adaptation, when it becomes a necessity forced by circumstance rather than a choice supported by systems, can slowly turn into silent suffering. And I think you captured that feeling perfectly: a kind of weariness that doesn’t always have words.
I also found your thoughts on mining and your studies very meaningful. The way you see materials, not just as technical things, but as part of a bigger system, is really important. And your question about why resources don’t benefit the people where they come from is very real. It’s something many countries are still struggling with. The issue is not the extraction but the distribution which is shaped by centuries of economic patterns.
Countries rich in resources often remain dependent on exporting raw materials, while industrialized nations control processing, technology, and markets. Changing that isn’t just a technical challenge; it’s political, economic, and even historical. Building local processing industries requires infrastructure, stable governance, investment, access to technology, and fair-trade conditions…. all of which are unevenly distributed across the world. Thus, when you speak about wanting resources to benefit those who live on that land, it doesn’t sound idealistic to me. It sounds necessary.
Sometimes I find myself thinking about the future in a more personal sense. Like where we might stand in all of this a few years from now, after everything we’re learning and experiencing. It makes me wonder how much of a difference one person can really make, but also whether that’s exactly where change begins. I was wondering, do you see yourself playing a direct role in changing how resources are used and valued in your country? And also, what kind of impact would you truly like to have—not just as an engineer, but as a person connected to all of this?
Now, about your question: the one that has been on my mind since I read it: is a truly equitable ecological transition between the Global North and Global South possible, or will inequalities simply take new forms?
I think the honest answer is somewhere in between hope and realism.
Right now, if we look at how the global energy transition is unfolding, there are reasons to be concerned. The demand for minerals like cobalt, lithium, and rare earth elements, many of which are found in countries like yours, is rapidly increasing because of technologies like electric vehicles and renewable energy systems. On the surface, this shift is about sustainability. But beneath that, there’s a risk that the same patterns we’ve seen before could repeat themselves: extraction concentrated in the Global South, value creation concentrated in the Global North.
So yes, there is a real possibility that current imbalances could reappear in a new form, what some call a “green extractivism,” where the world becomes more sustainable in terms of carbon emissions, but not necessarily more just in terms of economic and social equity.
However, and this is important, I don’t think that outcome is inevitable.
What makes this moment different is awareness. Conversations like the one we’re having now are happening in many places, among people who are questioning these systems and imagining alternatives. There is growing recognition, even at international levels, that a transition cannot be considered “just” if it reproduces inequality.
I won’t pretend that all of this will happen easily. Power structures don’t shift overnight. But I do believe that change becomes possible when people begin to question, to study, to connect, as we are doing.
What gives me hope, honestly, is this exchange itself. The fact that you are studying metallurgy not just to understand materials, but to rethink systems. The fact that you’re asking these questions. The fact that we can have this conversation across distance, across different realities, and still find common ground.
You said something that really stayed with me- that perhaps change begins in the questions we ask. I think you’re right. Questions open space. They challenge what is taken for granted. And sometimes, they quietly reshape the future long before answers fully emerge.
This exchange is meaningful to me too, more than I expected. It reminds me that behind all these global issues are individuals….thinking, feeling, questioning, hoping. And that maybe, change doesn’t always start with big declarations, but with conversations like this one.
Take care of yourself, and please keep writing. I’m really looking forward to hearing more of your thoughts, about your studies, your experiences, and the questions that continue to shape your perspective.
Your Global Pen Friend Apurva
LETTER 4
JOSUE MUSHAGALUSA CIMALAMUNGO
Chère Apurva,
Je crois que tu as pu constater que ma lettre t’ai parvenue un peu tard, ne te poses pas trop de questions. J’ai laissé passer quelques jours avant d’y répondre volontairement. Non par hésitation, mais par respect. Il y a des mots qu’on ne veut pas brusquer, qu’on laisse d’abord s’installer en soi. Les tiens font partie de ceux-là.
Ce que tu as dit sur la différence dans la façon dont on vit le changement climatique m’a aussi beaucoup marqué. Ici, ce n’est pas quelque chose qu’on débat souvent en termes formels. Cela se manifeste discrètement dans la vie de tous les jours dans l’imprévisibilité des saisons, dans la manière dont la terre réagit différemment d’avant, dans les inquiétudes que les gens portent même quand ils ne les expriment pas à voix haute. La vie continue, mais il y a toujours cette tension subtile en dessous, comme si quelque chose avait changé et ne pouvait plus vraiment revenir à ce que c’était.
Tu as parlé de force silencieuse, et je pense que cela décrit beaucoup de gens ici. Mais parfois je me demande si ce qu’on appelle « force » n’est pas aussi une forme de nécessité. Les gens s’adaptent parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Et avec le temps, cette adaptation devient si normale que même la souffrance peut devenir invisible pas seulement aux yeux du monde, mais parfois à nos propres yeux.
Ta réflexion sur l’exploitation minière et la répartition des richesses a touché quelque chose de très personnel en moi. Grandir dans un pays aussi riche que le mien, tout en voyant à quel point cette richesse transforme peu la vie quotidienne, crée une sorte de contradiction difficile à ignorer. Le sol sous nos pieds renferme tant de valeur, et pourtant beaucoup de communautés autour de ces ressources continuent de lutter pour les besoins de base. Cela soulève des questions qui ne sont pas seulement techniques, mais profondément humaines : Qui en profite ? Qui décide ? Et à quel prix?
En tant qu’étudiant en métallurgie, j’ai parfois l’impression d’être à un carrefour. D’un côté, il y a la connaissance scientifique et technique comprendre les matériaux, les procédés, les systèmes.
De l’autre, il y a la réalité de la façon dont ces matériaux sont extraits, échangés et utilisés dans un monde qui n’est pas toujours juste. Je ne veux pas faire partie d’un système qui se contente de reproduire les mêmes schémas. Je veux le comprendre assez profondément pour le remettre en question, et, je l’espère, pour en changer ne serait-ce qu’une petite partie.
Tu m’as demandé si je me vois jouer un rôle direct dans la transformation de la manière dont les ressources sont utilisées et valorisées dans mon pays. Je pense que oui… même si je ne sais pas encore exactement quelle forme prendra ce rôle. Ce que je sais, c’est que je ne veux pas rester un simple observateur distant. Que ce soit à travers l’industrie, la recherche ou l’engagement communautaire, je veux que mon travail ait un lien concret avec la vie des gens. Ne pas seulement extraire de la valeur du sol, mais créer une valeur qui reste auprès des populations.
Au-delà d’être ingénieur, je crois que je veux être quelqu’un qui crée des ponts entre le savoir et la réalité, entre les grandes discussions mondiales et les expériences locales. Parce que parfois, ce qui manque, ce n’est pas la prise de conscience, mais le lien.
Tes réflexions sur une transition écologique juste m’ont paru très vraies. L’idée d’un « extractivisme vert », c’est quelque chose auquel j’ai aussi pensé, même si je n’avais pas les mots exacts avant. Il y a quelque chose de troublant à l’idée que le monde devienne « plus vert » tout en laissant les mêmes inégalités persister, simplement sous un autre nom. Ce serait résoudre un problème tout en en perpétuant un autre, discrètement.
Mais comme toi, je ne pense pas que cette issue soit figée. Je crois que cela dépend des choix qui se font maintenant par les gouvernements, par les industries, mais aussi par des individus prêts à questionner et à imaginer autrement. Peut-être que le changement ne vient pas toujours de grandes actions visibles. Peut-être qu’il grandit aussi dans des espaces plus petits, dans des conversations, dans des idées qui trouvent lentement leur chemin vers la réalité.
Ce qui me donne de l’espoir, c’est aussi cet échange. Le fait que nous puissions parler ouvertement, depuis des endroits différents du monde, et pourtant nous comprendre à ce niveau. Cela me rappelle
que malgré la distance, il y a une préoccupation commune, une responsabilité partagée, et peut-être même un avenir commun.
Tu as dit que les questions peuvent discrètement remodeler l’avenir. J’y ai beaucoup réfléchi.
Peut-être que notre rôle, pour l’instant, n’est pas d’avoir toutes les réponses, mais de continuer à poser les bonnes questions et de faire en sorte qu’elles ne soient pas ignorées.
Merci encore pour tes mots, pour ton ouverture, et pour ce lien. Cela compte plus que je ne saurais l’exprimer facilement.
Prends soin de toi, et j’attends ta prochaine lettre avec impatience.
À toi,
Josué Cimalamungo

