Inclusive education for children with disabilities

Correspondence between Chaymae Khatiri (Student in Management and Social Mediation, Université Mohamed Premier Oujda) and Jovan Yensid Guerrero Marenco (Student in Applied Economics, Universidad Centroamericana).

Cher Jovan,

C’est avec plaisir que j’ai saisi cette opportunité de partager avec toi les réalités de mon pays et une joie immense de retrouver quelqu’un qui s’intéresse également aux sujets liés au développement de l’enfant.

De nature, on garde tous un petit enfant qui ne grandit jamais  au fond de nous, Le mien est toujours présent dans la plupart de mes pensées, c’est pour cela que je m’intéresse beaucoup au monde enfantin, comme tu sais, je suis une éducatrice spécialisé  en petite enfance. C’est ce qui m’a donné la chance de consolider et d’enrichir mes connaissances sur les enfants.

Les défis liés aux enfants sont nombreux mais pour mon cas je suis intéressé par l’autisme, entre autres : les symptômes, les causes et l’éducation des enfants autistes au Maroc.

Actuellement, le terme « autisme » est  couramment utilisé  pour qualifier une personne solitaire, repliée sur elle-même ou isolée socialement. De mon point de vue, je trouve que cela est un préjugé et  c’est de l’injustice envers les autistes. Il est vrai que les enfants autistes  ne sont  pas des enfants ordinaires, mais il  faut prendre leurs différences dans le bon sens. Ils sont des enfants hyper intelligents et ont juste besoin d’orientation et des soins pour se développer en mieux.

J’aimerais te présenter mon entendement de ce trouble. L’autisme n’est pas une maladie mais un trouble du développement d’origine neurologique qui  se manifeste principalement par une altération des interactions sociales et de la communication et par des intérêts restreints et répétitifs. Ces troubles peuvent provoquer un comportement inadapté dans certaines situations. Ces signes peuvent généralement être identifiés avant l’âge de 3 ans. 

Parmi  les symptômes spécifiques  d’autisme il y a : l’hyperactivité, le manque de concentration, la sensibilité à la lumière  et aux sons, l’insensibilité aux douleurs, des crises de colère agressives dirigée vers soi et vers autrui. Les autistes souffrent d’un retard du développement langagier car ils ne commencent à parler qu’après l’âge de  deux ans. Ils ont de ce fait une incapacité à amorcer ou à soutenir une conversation et ils ne  peuvent pas exprimer leurs sentiments.

Chez nous au Maroc pour ce qui est de l’éducation des enfants en situation de handicap, il n’existe pas de classes publiques spécifiquement pour les enfants autistes. Mais, on a des dizaines d’associations qui s’occupent des petits autistes (association de Pinocchio à Rabat, association miroir à Fès, association Basma à Fès, association NEJMA TISME MAROC à Taourirt…). Au niveau rural, les familles marocaines souffrent  d’un manque de sensibilisation. Il existe des enfants qui ne bénéficient pas des soins ni dans les associations ni à domicile parce que les parents ne savent  pas leur  situation. Dans d’autres foyers  l’ignorance poussent des familles  à cacher leurs petits qui souffrent d’une anomalie ce qui  aggrave leurs situations d’handicape car pour eux c’est de la honte d’avoir des enfants avec des troubles psychiques ou physiques.

En 2019, le Maroc a fait son premier pas pour minimiser et dépasser  la souffrance des enfants en situation de handicap en adoptant  un programme ambitieux dans le domaine de l’éducation  dont la finalité est d’intégrer les enfants en situation de handicap avec leurs pairs ordinaires et que tout enfant  malgré sa situation ait le droit de s’inscrire dans une école.

Le programme national commence à porter ses fruits. Selon les derniers statistiques du ministre de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique,  plus de 90000 élèves en situation de handicap sont scolarisés dans les classes ordinaires et environ de 10000 élèves bénéficient des services de qualification.

Si j’étais un décideur politique, je trouve que pour garantir un changement et  un développement au niveau de l’éducation des autistes :

  1. Il faut adapter l’école aux petits autistes et non l’inverse 
  2. Il faut dépasser la formation en théorie en passant à l’étape d’application sur le terrain basant sur les techniques et les approches validées scientifiquement.
  3. Il faut engager en éducation  des spécialistes et des personnes formées à l’autisme  parce qu’ils sont capables de travailler au préalable avec des différents profils d’enfants, du bébé à l’adulte en passant par l’adolescent.

J’ai beaucoup à partager avec toi cher Jovan mais je me limite par ici pour une prochaine. J’espère t’avoir donné pour le moment les points importants pour comprendre la situation dans mon pays et pour avoir une vue globale de la situation des enfants autistes. Je serai très reconnaissante si tu peux me donner une vision sur les enfants en situation de handicap chez vous à Nicaragua ? Est-ce que c’est la même chose que dans le Maroc ?

J’ai hâte d’avoir de tes nouvelles et de découvrir ce qu’il en est dans ton pays.

A la prochaine

Cordialement,

Khatiri Chaymae

Taourirt, 17 avril 2022

Querida Chaymae Khatiri

Es todo un gusto comunicarme contigo, sobre todo para abordar una temática de gran interés para ambos, como es la educación inclusiva y para analizar la situación de la misma en tiempos de COVID-19. Es de común conocimiento que la educación inclusiva presenta diversos retos importantes en las diversas regiones del mundo, sin embargo, en la actualidad uno de los retos más grandes a los que se enfrenta es la pandemia del COVID-19, ya que con el inicio de dicha pandemia  muchos ámbitos comunes de nuestra vida se transformaron, y uno de ellos fue la educación en todas sus facetas y niveles, ya que tuvo que pasarse de la modalidad presencial, que ha predominado por muchos años, a una modalidad de tipo virtual que es muy poco común, sobre todo en los países en desarrollo, como es el caso de Nicaragua y de muchos de los países de América Latina.

Evidentemente nos encontramos ante una situación excepcional, quizá nunca antes vivida, que ha puesto de relieve las enormes dificultades de todos nuestros sistemas, especialmente del sistema educativo. Desde el cierre de los colegios, como medida preventiva, ante la pandemia del COVID-19 nos enfrentamos a un escenario de incertidumbre en el que toda la comunidad educativa está tratando de dar las respuestas más adecuadas a su alumnado, incluidos a los alumnos con discapacidades. Sin embargo, para este último grupo de alumnos y para sus familias las dificultades que supone la transición de una modalidad presencial a una virtual son mucho mayores.

Resulta que, en el caso de Nicaragua, y posiblemente para varios de los países de América Latina, las familias que asumieron el apoyo a sus hijos con discapacidad intelectual o del desarrollo desde sus hogares en los momentos de confinamiento están sometidas a grandes cargas; ya que suelen estar compuestas por una sola persona adulta de referencia en el hogar, sufren mayores tasas de precariedad; y por lo general el índice de pobreza de las familias que cuentan con personas con discapacidad entre sus miembros es mayor que en la población general. Lo anterior implica por supuesto que estas familias y por consiguiente los alumnos con discapacidades carecen del acceso a recursos tecnológicos y al internet necesarios para la nueva modalidad de clases en línea; además, habría que añadir el hecho de que el apoyo específico para el desarrollo de las tareas y sesiones terapéuticas (fisioterapia, psicología, logopedia), requiere conocimientos acerca de metodologías y herramientas que estas familias no poseen y por lo general el tiempo de dedicación a este apoyo es incompatible con el desarrollo de sus actividades laborales, debido a que muchas familias tienen que combinar su práctica o ejercicio profesional con la enorme demanda de atención que requieren sus hijos con discapacidad intelectual o del desarrollo.

Todos estos factores convierten al alumnado con necesidades educativas especiales en un grupo más vulnerable ante la situación de continuar las clases desde sus hogares, así como ante la recuperación de rutinas educativas e itinerarios formativos. La suspensión de tratamientos específicos de logopedia, fisioterapia, psicología, psiquiatría trae consigo un importante riesgo de involución o desequilibrio en el proceso educativo. Es por ello que la organización sin fines de lucro “Los Pipitos” impulsó un programa en el cual se valoró uno a uno los expedientes de los niños y niñas atendidos hasta la fecha y las condiciones socioeconómicas de sus familias; logrando de este modo que los especialistas de la organización pudieran mantener el vínculo en un formato remoto con 164 menores. A través de dicho programa las familias envían videos a los especialistas con los progresos o desafíos de sus hijos, se establecen citas telefónicas o por videoconferencia y se intercambian consultas e indicaciones. Las familias reciben minutos de aire gratuitos, de modo que la falta de recursos no se interponga en el tratamiento. De igual manera, el programa también produjo videos, posters infográficos, audios y folletos digitales que contienen las terapias para cada etapa de tratamiento; la mayor parte de ellos dirigidas a las madres y padres, que realizan las terapias a diario en el hogar. Cabe destacar que la meta del programa de esta organización es duplicar la cantidad de niñas y niños atendidos, ya sea de forma remota debido a la pandemia o presencial cuando las condiciones lo permitan. Pero el desafío es complejo, ya que unos 300 niños que viven en comunidades aisladas tienen dificultades con el acceso a internet por lo que no pueden acceder a los materiales virtuales y han visto suspendidas sus terapias, lo cual supone un duro golpe para esta población vulnerable.

Toda esta situación, refleja que en el caso de Nicaragua el sistema educativo tiene mucho trabajo por hacer para garantizar las condiciones necesarias de equidad con todas sus implicaciones, para que cada alumno pueda desarrollar su potencial. Se necesita pues de un trabajo conjunto entre todas las instituciones y organizaciones implicadas en el tema de la educación inclusiva para eliminar todas las barreras a la participación en las escuelas, los centros de salud, el transporte público, los edificios, y otros, incluidas tanto las ya que existían como las que surgieron a partir de la pandemia del COVID-19, con el objetivo de crear igualdad de oportunidades para el desarrollo óptimo de los niños con discapacidades junto con sus compañeros.

Para lograr lo anterior y mejorar las condiciones del alumnado con discapacidades en Nicaragua considero que es preciso impulsar medidas como: i) Una mayor recolección datos sobre la participación de los estudiantes con discapacidades y sus necesidades; ii) Una mejor planificación de la transición de la educación especial a la educación inclusiva; iii) Mejorar el seguimiento del impacto de las políticas, la normativa y los programas de formación sobre la inclusión en el aula; iv) Incrementar y mejorar formación que recibe el profesorado para el apoyo de procesos de aprendizaje a distancia y proveerles los equipos y la tecnología adecuada v) Dotar a los centros de educación especial de los insumos necesarios para la prevención del contagio del COVID-19, así como agilizar las jornadas de vacunación de los niños y jóvenes con discapacidades así como del profesorado, de manera que se puedan retomar lo más pronto posible las sesiones presenciales de educación y terapias.

Una vez planteada la situación de la educación inclusiva en tiempos de COVID-19 en mi país, quisiera preguntarte sí ¿Los retos que supuso la pandemia del COVID-19 para la educación inclusiva en tu país fueron similares a los de Nicaragua? ¿Qué medidas implementó el Estado o las organizaciones sin fines de lucro en tu país para mitigar esta problemática? ¿Te parece que las medidas que propongo al final de la carta serían útiles para mejorar la situación de la educación inclusiva en tu país? ¿añadirías alguna otra medida?

Sin nada más a que referirme, me despido, agradeciéndote por el tiempo dedicado a esta correspondencia y esperando con ansias tu respuesta. Mucho éxito en todas tus actividades diarias.

Cordialmente,

Jovan Guerrero

03 de mayo del 2022

Bonjour Jovan,

J’espère que tu  vas bien ainsi que ta famille! C’est toujours avec joie que je vous écris, ça m’a fait plaisir de recevoir vos lettres.

Après notre dernier échange, me voici de nouveau pour te présenter les engagements pris par mon gouvernement pour l’amélioration de la situation des enfants vivant avec handicap et les difficultés malgré l’intervention de l’Etat qu’ils ont rencontré dans la période de COVID. 

En 2017 le Maroc a présenté son rapport initial devant le comité du droit des personnes handicapées  au  cours de la 18éme session du conseil des droits de l’homme à Genève. Ce rapport présente les différentes mesures d’intervention prises par le gouvernement marocain  pour  garantir une vie paisible  et stable pour  les personnes en situation de handicap au sein de la société marocaine. Elles représentent presque 7% de la population marocaine, et sont considérées parmi les groupes les plus vulnérables du royaume,

 Au Maroc, les  personnes handicapées  bénéficient d’un suivi sanitaire basé sur la loi 65.00 (novembre 2002) garantissant aux enfants handicapés un système de couverture médicale à vie,  d’une éducation et une scolarisation basées  sur la vision stratégique 2015-2030 (éducation inclusive),et  d’un accompagnement et intégration  professionnelle. Les enfants en situation d’handicap ont le droit d’un quota de 7% tel que stipulé dans les circulaires ministériels 05.81 et 07.92 concernant l’aide sociale des personnes handicapées étant donné qu’ on a la loi 65.99 présentée comme équivalente au code du travail de 2003  interdisant la discrimination fondée sur le handicap .

Le 15 mars, le Maroc a déclaré l’état d’urgence à la suite de la pandémie de COVID 19. Tous les domaines ont souffert, en particulier les personnes vivant avec handicap. En temps normal, elles ont du mal à s’intégrer dans la société, elles sont marginalisées  et souffrent d’un  manque d’attention de la part des autres. Alors la période de la pandémie a vraiment été difficile  et a semé de grandes peurs chez les personnes handicapées et leurs familles. Bien qu’ayant été confrontées aux mêmes difficultés que l’ensemble de la population marocaine, elles ont vécu une période trop difficile à cause de la fermeture temporaire des centres sociaux et d’orientation, interruption du suivi médical. Pendant la quarantaine la vie quotidienne a vraiment connu un changement basique, tous les domaines ont souffert de cette situation. Prenant par exemple l’éducation qui est passée de l’enseignement présentiel à l’enseignement à distance, des cours audiovisuels, des biais de conférences audio, des cours vidéo au lieu des cours magistraux et des séances aux départements en présence des professeurs. La scolarité des enfants et des jeunes en situation de handicap a été fortement impactée par la généralisation de l’enseignement à distance. Cette décision n’était pas pratique pour eux, car il y avait un manque d’espace et du matériel spécifiques pour suivre les cours dans la maison, une absence d’accompagnement et d’encadrement professionnels, un manque au niveau de l’accès à l’internet pour les enfants de familles vulnérables.

Malgré les efforts déployés par les autorités publiques visant à améliorer la situation des personnes handicapées au sein de la société marocaine, il reste encore des défis à éviter. Le plus difficile est de changer la perception négative de l’autre envers les personnes en situation de handicap. Pour moi rien est impossible, mais on a encore besoin du temps et du  travail afin de changer les idées préconçues, et de garantir un développement observables au niveau de cette tranche de la société marocaine.

J’ai hâte d’avoir de tes nouvelles

 A la prochaine Jovan 

 Cordialement 

Khatiri chaymae

Taourirt, 20 mai 2022

Dear Chaymae 

It is a pleasure to greet you and I hope that you and your loved ones are well. I would like to begin by responding to your correspondence by commenting that education is an essential element of the life of any human being, hence the Universal Declaration of Human Rights recognized in article 26 that everyone has the right to free education aimed at the full development of the human personality and the strengthening of respect for human rights. Based on the above, the Political Constitution of Nicaragua indicates that all Nicaraguans have the right to education and culture, without any distinction, therefore, it also establishes that the State shall pay special attention in all its programmes to people with disabilities, including children and young people with autism.

In order to comply with the provisions of the Constitution, the Nicaraguan Ministry of Education has a policy of “Inclusive Special Education”, which consists of an educational modality that is characterised by being comprehensive and inclusive, offering a set of strategies, specialised resources and school-based support services that are made available to the different educational programs, so that all students, including those with disabilities, can have access to education.  

In response to your question about how the education system in my country caters to children with disabilities, I would like to tell you that within the framework of the “Inclusive Special Education” policy, Nicaragua has 25 public special education schools, located mainly in the Central and Pacific regions of the country, which offer preschool, primary school, early education, and socio-occupational inclusion programmes, with curricular adaptations that are more significant in the case of children with intellectual disabilities, such as autistic children. Similarly, there are 50 integrated classrooms in the country located in primary schools in municipalities where there are no special education schools, with the aim of ensuring the inclusion of students with educational needs associated with a disability in regular education schools, in order to strengthen inclusive education.

It is clear that in Nicaragua, as in Morocco, there has been great progress in the area of inclusive education for persons with disabilities, however, there are still a number of challenges that need to be addressed, for example, in Nicaragua there are shortcomings in monitoring the quality of education received by children with disabilities, and there is little data on the attendance of children with disabilities who are enrolled in special schools or included in mainstream education, which limits the authorities’ ability to act, there is little data on the attendance of children with disabilities who are enrolled in special schools or included in mainstream education, which limits the authorities’ capacity to act, and there is also evidence to suggest that there are gaps in the preparation, motivation and attitude of teachers in charge of inclusive education; as well as the new demands arising from the COVID-19 pandemic, on which I would be happy to comment in the next round of correspondence.

I really hope I have answered your questions in the best possible way, and I look forward to hearing your point of view on the issues raised. I would like to thank you for taking the time to carry out this activity.

Cordially yours,

Jovan Guerrero

25 may 2022